En raison de
sa commodité, le sabot de bois se maintient, pour le travail, dans toutes nos campagnes ; il fut, jusqu’à une époque proche de la nôtre, le soulier de tous les jours, et les vieux paysans, vers
1925, le chaussaient encore pour se rendre a la messe ou sur le foirail.

C’est que le sabot faisait partie de la vie du morvandiau. On se les taillait soi-même le plus souvent. C’est DUPIN qui en 1841 écrivait : "Ils les font fabriquer chez eux à bon compte avec un pied de verne ou de bouleau qu’ils achètent rarement; ils aiment mieux le couper en maraude, dans la forêt voisine". On mettait le bois à sécher. On en avait plusieurs morceaux d’avance. Et dans un bois bien sec on creusait à la gouge et on équarrissait tant bien que mal un sabot simple qui protégeait parfaitement de l’humidité. L'épaisseur du bois permet l'isolation du froid et de l'humidité et la largeur de la semelle empêche de s'enfoncer dans la terre humide. La forme du sabot n'est pas due au hasard ; la pointe du sabot sert au décrottage de la semelle. Le principal défaut du sabot est son usure. En effet, les sabots s'usent vite, en deux mois au maximum, ce qui explique que les sabotiers ne manquaient pas de travail !
Le sabotier utilisait le bois dur et tendre. Le premier (noyer, frêne et surtout hêtre) servait à fabriquer les sabots des gros marcheurs qui ne souhaitaient pas les user trop rapidement. Le second (tremble, saule, aulne ou verne mais surtout bouleau) fournissait les sabots les plus courants et les plus appréciés des cultivateurs pour leur légèreté.Une fois choisi, l'arbre est écorcé et coupé en billes d'un mètre. Ces billes de bois sont ensuite découpées en trois morceaux. La longueur de ces morceaux correspond en fait à la plus grande pointure fabriquée (du 46).
Grossier, au nez pointu, et quelquefois jauni sur le feu, le sabot s’affina et fut soigneusement noirci vers la fin du XIXème siècle, bien qu’au dire de Jules Renard se portaient encore au coeur du Nivernais "des sabots blancs à peine équarris". Dans la région de Nevers primait l’amougnot - du nom de la contrée des Amognes - à la forme plus élégante et à la légèreté relative.
Pour que les sabots durent plus longtemps, on les ferrait avec de gros clous, réservant à la paire du dimanche des petits clous "sur semelle de peau" pour faire moins de bruit à l’église. Et l’on se préservait de l’humidité avec les plisses, petites semelles en paille plessée, tressée.
En Morvan, comme dans les Amognes, se porta jusqu’à la fin du XIXème siècle, la lourde botte de cuir, sans aucune fermeture, montant au-dessus du genou, et que l’on ferrait.
L’usage du soulier de cuir - un luxe - se généralisa pendant la guerre de 1914 et le sabotier de village perdit ses pratiques. Aujourd’hui les sabots, faits mécaniquement, sont vendus dans les bazards.
Les Sabots en Auvergne
Le sabot a longtemps été la "chaussure à tout faire" ; on travaillait aux champs en sabots ; c'est en sabots qu'on allait au marché.
Il existait tous types de
sabots : pour le travail tout en bois avec quelquefois une large bande de cuir pour le confort.
il y avait des sabotiers, même dans les plus petits villages. Ils avaient de véritables ateliers ou une petite entreprise familiale suivant l'étendue de la clientèle.
Le travail exigeait une très bonne habilité et une force certaine car il fallait dégrossir le bloc de bois (principalement du vergne).
Ses outils étaient des longues lames articulée au bout de madrier relevé à son extrémité où le sabotier s'asseyait et "usait" de ses tarières, gouges ou
couteaux.
Malheureusement la Grande Guerre fît disparaître petit à petit ce métier à cause de l'industrialisation. Le rendement de ses machines "acheva" petit à petit les petits sabotiers. De plus, des sabots moulés dans le caoutchouc prirent la place des bons vieux sabots en bois grâce à leurs légèreté et leur confort.
Le sabot ne fût pas l'usage unique de l'Auvergne car il faisait aussi parti du patrimoine de la France paysanne.